Patrick Brion présente "L’Homme de Nulle Part" de Pierre Chenal :
C’est après "Les Mutinés de l’Elseneur" que Pierre Chenal tourne "l’Homme de Nulle Part" adapté de la pièce de Pirandello déjà porté à l’écran par Marcel L’Herbier.
Interrogé par Edouard Waintrop, Pierre Chenal déclarait à propos du film :
« C’est Roger Vitrac qui a travaillé avec moi sur le roman original, il faut toujours se méfier des génériques, l’adaptation est attribué à Armand Salacrou alors que Vitrac n’est crédité
que des dialogues additionnels. Armand Salacrou avait été engagé pour adapter Pirandello, je suis parti en Normandie le rejoindre, très vite, je me suis aperçu que ca ne collerait pas entre nous,
il voyait un drame, là où je cherchais un style plus hybride, ce que Breton appelait l’humour noir.»
«Sans cet esprit, je craignais que le film ne devienne extrêmement lourd, il fallait absolument que cela flirte avec le burlesque,
d’ailleurs, poursuivait Chenal, j’avais un moment pensé collaborer avec Jacques Prévert mais j’avais eu peur que cela nous entraine trop fort dans l’autre sens celui du non-sens
précisément, enfin bref. Au bout du troisième jour de discussion avec Salacrou, il était clair que la rupture était consommée mais dans les formes nous sommes restés amis, il n’a rien écrit pour ce
film mais il est crédité pour l’adaptation.»
Réalisation : Pierre Chenal. Distribution :Pierre Blanchar (Mathias Pascal), Isa Miranda (Louise Paleari), Robert Le Vigan (Comte Papiano), Ginette Leclerc (Romilda
Pescatore Pascal), Catherine Fonteney (Mme Pescatore), Maximilienne (Scholastique), Charlotte Barbier-Krauss (Mme Pascal), Palau (Le chevalier Titus), Margo Lion (Mlle Caporale), Sinoël (Henri
Paleari).
1903, dans un village de Toscane. Mathias Pascal, un doux rêveur, s'éprend de Romilda, la fille de la veuve Pescatore.
Cette dernière, le croyant riche, encourage le mariage apprenant, mais trop tard, que Mathias n'a pas d'argent. Dès ce moment, la veuve et sa fille font la vie dure au pauvre Mathias, qui repart
bien vite en voyage.
A son retour, il assiste à son propre enterrement, le corps d'un vagabond ayant été identifié comme le sien. D'abord surpris, Mathias décide de profiter de l'erreur et de faire le mort. Il repart,
et, sous l'identité d'Adrien Meis, recommence sa vie. Ayant gagné une fortune au casino, il s'installe dans une pension de famille de Rome.
Là, il tombe amoureux de Louise Paleari, la fille du patron.